Mairie d’Espelette piratée : un malware se propage par e-mail après l’ouverture d’une fausse facture La mairie d’Espelette, dans les Pyrénées-Atlantiques, a été victime d’une cyberattaque après l’ouverture d’une pièce jointe malveillante reçue par e-mail. Présenté comme une facture provenant d’un prestataire habituel, le fichier a compromis un ordinateur de la municipalité avant que des e-mails piégés soient automatiquement envoyés depuis l’adresse de la mairie à d’autres correspondants. Plusieurs personnes auraient à leur tour ouvert la pièce jointe. La mairie d’Espelette a été victime d’une attaque informatique le vendredi 11 septembre 2026. L’incident a débuté par un e-mail de phishing contenant une pièce jointe présentée comme une facture provenant d’un prestataire habituel de la cantine municipale. Le fichier, nommé « FACTURE FC_PDF », contenait un logiciel malveillant. Après son ouverture, l’ordinateur utilisé par la mairie a été compromis et l’adresse accueil@mairie-espelette.fr a commencé à envoyer automatiquement le même message frauduleux à d’autres personnes. Une fausse facture à l’origine du piratage L’attaque repose sur une méthode classique de hameçonnage. Le message reçu par la mairie semblait suffisamment crédible pour être ouvert : il se présentait comme une facture provenant d’un prestataire habituel. Selon le témoignage de la maire d’Espelette, Virginie Arhancet, l’ordinateur a rapidement commencé à dysfonctionner après l’ouverture du fichier. Le malware aurait alors pris le contrôle du poste compromis. L’adresse e-mail de la mairie a ensuite été utilisée pour envoyer automatiquement le même message malveillant à d’autres correspondants. Ce mécanisme rend l’attaque particulièrement trompeuse : les nouveaux destinataires pouvaient recevoir le message depuis une véritable adresse appartenant à la municipalité. Plusieurs correspondants auraient également ouvert le fichier La mairie a rapidement tenté d’avertir les habitants et ses correspondants par l’intermédiaire de Facebook et de l’application PanneauPocket. La consigne était claire : ne pas ouvrir la pièce jointe, ne cliquer sur aucun lien et supprimer le message. Malgré ces avertissements, plusieurs personnes auraient déjà ouvert le fichier malveillant. Le nombre exact de victimes secondaires n’est pas connu. Selon la maire, le prestataire chargé d’intervenir sur l’incident aurait reçu de nombreux appels de personnes ayant ouvert la pièce jointe. L’activité informatique de la mairie bloquée pendant deux jours L’incident ne s’est pas limité à l’envoi de messages frauduleux. Selon les informations communiquées par la municipalité, l’activité informatique de la mairie a été bloquée pendant deux jours. La commune a fait appel à son prestataire spécialisé afin d’analyser la compromission et de rétablir la situation. La maire a également indiqué vouloir renforcer la sécurité informatique de la commune et déposer plainte. Une fuite de données est-elle confirmée ? À ce stade, il est important de distinguer le piratage confirmé de la messagerie et du poste informatique d’une éventuelle fuite de données. Les informations disponibles indiquent qu’un malware a compromis un ordinateur et que l’adresse e-mail de la mairie a été utilisée pour propager le message frauduleux. En revanche, aucun élément public ne permet actuellement d’établir précisément : • quelles données ont éventuellement été consultées ; • si des fichiers ont été exfiltrés ; • si la boîte e-mail de la mairie a été téléchargée ; • quelles données personnelles auraient pu être récupérées ; • combien de correspondants ont été exposés ; • combien d’ordinateurs supplémentaires ont été infectés. Il serait donc prématuré de parler d’une fuite de données confirmée. Pourquoi les e-mails envoyés depuis la mairie sont particulièrement dangereux L’utilisation d’une véritable adresse appartenant à la mairie augmente fortement la crédibilité du message frauduleux. Une personne habituée à communiquer avec la municipalité peut être moins méfiante lorsqu’un message semble provenir d’une adresse connue. Les destinataires ayant reçu le message concerné doivent notamment : • ne pas ouvrir la pièce jointe ; • ne cliquer sur aucun lien présent dans le message ; • supprimer l’e-mail ; • faire analyser leur appareil s’ils ont ouvert le fichier ; • modifier leurs mots de passe si une compromission est suspectée. La mairie a elle-même demandé aux destinataires de supprimer le message sans ouvrir son contenu. Les petites collectivités particulièrement exposées L’incident d’Espelette rappelle que les petites communes peuvent également être ciblées par des cyberattaques. Les collectivités disposent de nombreuses informations concernant leurs administrés, leurs salariés, leurs prestataires et leurs différents correspondants. Elles constituent donc des cibles intéressantes pour les cybercriminels, notamment dans le cadre de campagnes de phishing, de vol de données ou de déploiement de logiciels malveillants. Dans
Mairie d’Espelette : cyberattaque et fuite de données — ce que l’on sait, que faire
